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Résumé :
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La présente étude a pour objectifs généraux, d’une part, l’évaluation des performances de production des taurillons importés et locaux, élevés en atelier d’engraissement au Maroc. D’autre part, elle vise la comparaison de deux aliments solides dans un élevage de veaux laitons, à travers la mesure des performances de croissance de ces derniers. Pour réaliser la première partie de ce travail, une enquête rétrospective a été menée au niveau de 18 ateliers d’engraissements, dans la zone de Doukkala, pour collecter les informations concernant les animaux engraissés (origine, race, poids d’achat, poids de vente, date d’achat, durée d’engraissement) et les rations alimentaires (composition, quantités distribuées et les additifs utilisés) durant la période allant de décembre 2012 à mars 2016, à travers l’exploitation des archives disponibles dans ces élevages. La population de bovins étudiée est constituée de taurillons d’origine locale et importée. Les taurillons importés, dont l’effectif est de 3.852 individus, proviennent de différents pays d’Europe. Ceux achetés localement sont issus des marchés nationaux aux bestiaux. L’effectif étudié de cette dernière population a été de 4.733 individus. Plusieurs races et croisements de races constituent la population globale d’étude. Concernant la comparaison de deux aliments solides dans un élevage de jeunes veaux non sevrés, elle a été effectuée à travers la mesure des performances de croissance de 26 veaux Prim’Holstein, issus d’élevages laitiers, et répartis aléatoirement en deux lots (A et B). Chacun des veaux a reçu quotidiennement la quantité de 3 kg de l’aliment A ou de l’aliment B qui lui est destinée et 300 g de paille. L’aliment A contient 1,2 UFV/kg de matière brute, avec un prix d’un kg de 3,01 DH. Alors que l’aliment B contient 1,2 UFV/kg de matière brute, avec un prix d’un kg de 4,01 DH et nécessite un mélange d’un correcteur protéique et du maïs grain, avec les pourcentages de 40% et 60% respectivement. Les résultats obtenus montrent, globalement, une régression annuelle de l’effectif des taurillons importés qui est passé de 52 % à 32 % de population des taurillons engraissés. On a noté également que le poids initial moyen des taurillons d’origine locale a été de 242 kg, alors que celui des taurillons importés, toutes races confondues, a été de 335 kg. En outre, la durée moyenne d’engraissement a été de 303±76 jours pour les taurillons locaux et de 289±109 jours pour les taurillons importés. Ainsi, le poids final moyen des taurillons engraissés originaires du Maroc a été de 588 kg, alors que ce poids a été de 717 kg chez les taurillons importés. Les poids finaux les plus élevés étaient enregistrés chez les taurillons de race Charolaise de France (en moyenne 778 kg). Les taurillons importés ont réalisé de meilleures performances, avec un GMQ moyen (1.321 g/j) meilleur par rapport à ceux achetés localement (1.208 g/j). La totalité des taurillons importés, toutes origines confondues, présente des performances presque semblables. En effet, il en ressort que les taurillons importés avec un poids à l’achat supérieur à 250 kg donnent les meilleures performances. Les taurillons achetés localement durant la période octobre- décembre présentent les meilleures performances, que ce soit pour le GMQ, qui a été de 1.263 g/j, que pour la durée d’engraissement qui a été de 281 jours. En outre, les résultats ont révélé que les taurillons qui ont eu une période d’adaptation de 5 à 8 semaines avaient présenté les meilleures performances concernant, d’une part, le GMQ d’adaptation qui se situe entre 833 g/j et 975 g/j et, d’autre part, le GMQ de fin d’engraissement qui se situe entre 1.218 g/j et 1.278 g/j. Concernant les résultats de comparaison des deux aliments solides distribués à des veaux non sevrés, les résultats obtenus montrent qu’il n’y a pas de différence significative entre les deux lots quant aux GMQ qui ont été respectivement de 826 g/j et 771 g/j, ainsi que des croissances qui ont été respectivement de 0,214 cm/j et 0,167 cm/j. Concernant les indices de consommation, ils étaient, respectivement, de 0,985 et 1,182 kg de MS/ kg de gain de poids. L’aliment A s’est avéré plus intéressant sur le plan économique, alors que le choix de l’aliment B pourrait être justifié en cas de pathologie digestive.
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