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Résumé :
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Afin d’assurer la diversification agricole nécessaire au développement de l’agriculture et de mettre en valeur les superficies irriguées dans la région de Saiss, l’accès à la nappe est devenu une pratique indispensable les deux dernières décennies. Plusieurs facteurs influencent et orientent l’évolution de cet accès : les sécheresses de plus en plus fréquentes, l’accroissement des superficies irriguées et l’intensification de la production agricole, la concurrence entre les agriculteurs et le morcellement des exploitations. L’accès massif à la nappe et sa facilité d’usage, en lien avec l’émergence d’une agriculture intensive, ont entraîné une surexploitation des nappes et ceci dans une certaine absence du contrôle étatique. Cependant, cette surexploitation est en général imputée à tout le secteur agricole, alors qu’il y a des grandes différences dans la pression exercée par les différents types d’exploitations agricoles, ou les différents systèmes de culture. L’étude présente a pour objectif l’analyse de la pression sur la ressource en eau souterraine par différents types d’exploitations et pour différents systèmes de culture dans deux cas contrastés. Le choix s’est porté sur deux coopératives de la réforme agraire, ayant un rapport différent à la nappe à cause d’une histoire agraire différenciée, et qui relèvent de la zone d’action de la direction provinciale d’agriculture d’El Hajeb. Afin d’aboutir à notre but, nous avons suivi une méthodologie de travail qui comporte trois étapes majeures : Une première sortie sur le terrain pour choisir la zone d’étude. Une deuxième phase pendant laquelle nous avons mené des enquêtes exhaustives dans les deux coopératives choisies, pour obtenir toutes les informations nécessaires sur les agriculteurs, les exploitations et les ouvrages de pompage. Une troisième phase où nous avons effectué des mesures de débit et mené des entretiens avec un échantillon d’agriculteurs pour caractériser les prélèvements d’eau. L’analyse des données récoltées nous a montré qu’effectivement et comme nous l’avons supposé tout à fait au début, la nappe est surexploitée. Cette pratique s’explique par plusieurs facteurs : L’augmentation rapide des puits et forages. L’accès à la nappe s’est déclenché par les sécheresses des années 1980 et a été accentué par l’introduction du maraîchage et par l’arrivée des acheteurs à partir de 2008. Le développement des cultures maraîchères et arboricoles qui représentent 28% dans Regraga et 37% dans Errahma de la SAU. Une sur-irrigation des spéculations. Les volumes pompés à l’hectare sont très importants, le volume atteint les 13 000 m3 en une campagne d’irrigation. Une certaine absence du contrôle étatique.
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