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Résumé :
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Depuis le lancement du projet Sebou, la plaine du Gharb a connu un important développement de l’agriculture irriguée et la mise en place d’un système de protection contre les inondations par le biais des projets d’aménagement hydroagricole. Toutefois, les dernières crues de 2009/2010 confirment la persistance de problèmes en matière de protection contre les inondations et la nécessité de revoir les systèmes d’évacuation des eaux que cela soit à l’amont ou à l’aval de la plaine du Gharb. Notre hypothèse de départ est que les Merjas centrales du Gharb, situées au cœur du périmètre du Gharb jouxtant les zones aménagées, jouent des rôles importants dans la protection de ces zones aménagées. Nous avons tenté, après quelques rappels sur le contexte d’exploitation de ces Merjas et les enjeux d’aménagement de la plaine du Gharb, de montrer en quoi ces zones peuvent rendre des services considérables tant pour atténuer les dommages dus aux inondations que pour contribuer à la production agricole à l’échelle de la plaine. En effet, les Merjas centrales constituent aussi une alternative à la pression croissante sur les ressources foncières, même si ces zones n’ont pas fait l’objet d’un aménagement hydroagricole classique. Leur exploitation peut varier d’une Merja à l’autre. Nous avons regardé deux Merjas en particulier. La Merja Sidi Ameur est surtout destinée aux cultures vivrières compte tenu de sa structure foncière, qui ne permet pas aux agriculteurs d’entreprendre des investissements importants, mais encourage une certaine diversification d’activités à savoir l’élevage et des activités extra agricoles. Quant à la Merja Jouad-Tidjina, son activité agricole est marquée par une agriculture intensive et diversifiée. La diversification des cultures est favorisée par l’accès aux terres, la disponibilité d’eau et la mise en place des équipements d’irrigation (bassin, station de pompage et de fertigation…). Ces Merjas, par leur morphologie qui se présente sous forme de dépression, peuvent constituer des zones potentielles d’expansion et d’écrêtement de crues par un processus de stockage d’un volume d’environ de 11 Mm3 et de laminage de débit. Cependant, la Merja Jouad-Tidjina ayant connu une intensification agricole considérable, est plus vulnérable et donc moins apte potentiellement pour remplir cette fonction que la Merja Sidi Ameur. Cela montre qu’une réflexion sur un équilibre entre activités agricoles et fonction hydraulique des différentes Merjas est nécessaire pour que la zone centrale puisse continuer à protéger les zones aménagées tout en contribuant à la production agricole.
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