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Résumé :
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Ce travail porte sur l'évaluation de la coproculture, de la bactérioscopie sur fèces, du test de fixation de complément (CFT), de l'étude lésionnelle, de la technique d'amplification en chaîne par polymérase (PCR), ainsi que l'hybridation à l'aide de sondes froides (RFLP) en vue du diagnostic de l'infection et de la caractérisation de souches de Mycobacterium paratuberculosis. Ce travail porte également sur l'étude de la cinétique d'entrée de la bactérie au niveau de la muqueuse intestinale. Sur un nombre de 188 ovins et 56 caprins, la culture a permis l'isolement de souches dépendantes de la mycobactine respectivement à partir de 56 et de 25 échantillons de fèces. La bactérioscopie a révélé la présence de bactéries acido-alcoolo-résistantes dans 67 et 48 échantillons d'ovins et de caprins. Le CFT a été positif respectivement pour 55 et 26 sérums ovins et caprins. Les lésions retrouvées sur les animaux examinés sont conformes avec la paratuberculose. Bien qu'aucun de ces tests précités n'a été suffisamment sensible et spécifique cette étude confirme l'existence de la maladie au Maroc. La méthode PCR est utilisée pour identifier 58, 25 et 11 isolats dépendants de la mycobactine, respectivement d'origine ovine, caprine et bovine; ainsi que d'autres espèces de mycobactéries. En utilisant l'élément d'insertion IS900, la PCR a identifié correctement 97% des isolats dépendants de la mycobactine et n'a cependant donné aucun résultat positif avec les autres espèces de mycobactéries étudiées. Ce résultat confirme que la PCR représente une méthode d'identification adéquate de M. paratuberculosis. Appliquée sur les fèces, la méthode PCR s'est montrée positive pour tous les échantillons provenant d'animaux à coproculture positive y compris ceux éliminant un nombre faible de bacilles. Comparé à la culture du germe, la PCR apparaît plus sensible et très rapide. Elle a permis de détecter 6 échantillons faussement négatifs et de raccourcir les délais d'obtention des résultats à 3 jours au lieu de quelques mois exigés par la culture. La méthode d'hybridation à l'aide de sondes froides marquées à la digoxygénine choisies au sein de l'élément d'insertion IS900, est utilisée pour la caractérisation de 50 souches de M. paratuberculosis d'origine ovine, bovine et caprine. La sonde a hybridé avec 47 des 50 souches examinées et 5 types de profils d'hybridation sont identifiés. Les 3 souches n'ayant pas hybridé (également négatives au PCR) sont identifiées comme étant des souches de М. avium ou de M. paratuberculosis ne possédant pas l'élément d'insertion IS900. A l'exception d'un seul, tous les isolats d'origine bovine ont présenté les mêmes profils d'hybridation que ceux des caprins, alors que ceux des ovins sont différents. L'analyse par hybridation a permis la mise en évidence de différences génétiques entre les souches et indique la présence de deux groupes de M. paratuberculosis, l'un propre aux ovins et l'autre aux bovins et caprins. L'étude relative à la cinétique d'entrée de M. paratuberculosis dans la muqueuse intestinale montre une positivité uniquement avec la coloration Avidine-Biotine-Complexe-Peroxydase (ABC-Peroxydase). Cette positivité est observée chez tous les groupes d'agneaux expérimentalement infectés, au niveau des plaques de Peyer iléales (occasionnellement dans les plaques de Peyer jejunales) sporadiquement à 12 et à 36 h, avec un maximum à 7 jours après infection. Les antigènes de M. paratuberculosis sont observés principalement dans les cellules M des dômes des plaques de Peyer et rarement dans les macrophages et dans l'épithélium des villosités qui sont étroitement liées aux dômes. La détection des antigènes de M. paratuberculosis uniquement par la méthode immunohistochimique ABC-Peroxydase, suppose la présence de formes dégradées et/ou des formes L de M. paratuberculosis durant les phases initiales de l'infection, qui colonisent progressivement la muqueuse intestinale à travers le passage par les cellules M.
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