| Titre : | Stratégies hydrauliques foliaires de Ceratonia siliqua, Eucalyptus camaldulensis et Moringa oleifera sous trois régimes hydriques en zone semi-aride (Benguerir, Maroc) |
| Auteurs : | BEN GHABRIT Salman, Auteur |
| Type de document : | texte imprimé |
| Editeur : | Rabat : IAV Hassan II, 2026 |
| Format : | 110 Pages |
| Langues: | Français |
| Mots-clés: | courbes pression–volume ; point de perte de turgescence ; stratégies hydrauliques foliaires ; stress hydrique ; irrigation ; Ceratonia siliqua ; Eucalyptus camaldulensis ; Moringa oleifera ; reboisement, Maroc. |
| Résumé : |
Le changement climatique constitue un enjeu majeur pour les écosystèmes forestiers du bassin
méditerranéen, l’un des principaux points chauds (hot spots) climatiques de la planète. Au Maroc, plus de 93 % du territoire est aride ou semi-aride, et la Stratégie « Forêts du Maroc » 2020–2030 prévoit la réhabilitation de 133 000 ha de terres dégradées. Il faut donc choisir des espèces capables de maintenir leur fonctionnement hydraulique sous contrainte. Or les traits hydrauliques foliaires, en particulier le point de perte de turgescence (Ψtlp), restent peu documentés pour les espèces de reboisement du semi-aride marocain. Ils n’ont, à notre connaissance, jamais été caractérisés par courbes pression–volume chez Moringa oleifera, et les comparaisons interspécifiques menées simultanément dans des conditions identiques font défaut. Cette étude vise à caractériser les stratégies hydrauliques foliaires de trois espèces forestières, Ceratonia siliqua (CS), Eucalyptus camaldulensis (EC) et Moringa oleifera (MO), soumises à trois régimes hydriques, puis à les confronter à la croissance et à la survie des arbres afin de guider la sélection d’essences. Elle a été conduite sur le dispositif de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), installé en 2019 à Benguerir, sous climat semi-aride chaud (BSh) avec environ 285 mm de précipitations annuelles et une évapotranspiration de référence à 1 600 mm/an. La plantation, âgée de sept ans, est organisée en trois blocs et croise les espèces, trois régimes hydriques et trois amendements du sol. Les régimes sont le goutte-à-goutte souterrain hebdomadaire (DI), l’irrigation mensuelle par citerne (TI, à volume mensuel comparable) et le pluvial (RF). Un inventaire dendrométrique des 1 720 emplacements plantés (603 arbres mesurables, 35,1 %) et un suivi apparié de 582 arbres entre 2023 et 2026 ont fourni la croissance et la mortalité. Des courbes pression–volume ont été construites à la chambre à pression de Scholander sur des feuilles de CS et d’EC, échantillonnées de façon stratifiée dans les trois blocs au cours de deux campagnes. Cinq paramètres (Ψtlp, π0, RWCtlp, εmax et af) ont été extraits de 152 courbes retenues (67 CS et 85 EC), puis analysés par un modèle linéaire mixte respectant la structure en parcelles divisées du dispositif. MO, dont les feuilles tombent avant la perte de turgescence, a été traitée comme une étude de cas (27 échantillons). Ψtlp et π0 différencient nettement les deux espèces (p potentiel plus bas (−2,10 à −2,33 MPa) qu’EC (−1,55 à −1,86 MPa), grâce à un potentiel osmotique à pleine turgescence plus négatif d’environ 0,4 MPa. La relation entre π0 et Ψtlp (Ψtlp = 0,80 π0 − 0,90 ; r = 0,72) est très proche de la relation établie à l’échelle mondiale. Le régime hydrique n’a d’effet sur aucun paramètre : aucun ajustement osmotique n’est induit par le déficit en régime pluvial, et les traits de tolérance sont constitutifs. CS présente en outre des parois plus rigides qu’EC sous goutte-à-goutte (εmax de 16,4 contre 9,4 MPa). Chez MO, les feuilles sont perdues avant la perte de turgescence, à des potentiels moyens de −1,4 à −1,5 MPa, pour une teneur relative en eau estimée à 90,6 à 94,1 %. Sur le plan dendrométrique, l’irrigation domine l’effet de l’amendement et impose un gradient de croissance DI > TI > RF. L’accroissement annuel en hauteur est de 41,2 cm/an chez EC, 20,8 chez CS et 8,8 chez MO. La mortalité entre 2023 et 2026 reste inférieure ou égale à 8 % sous irrigation, mais atteint 38,0 % chez EC, 50,0 % chez MO et 58,8 % chez CS en régime pluvial. Ces résultats situent CS du côté de la tolérance foliaire, EC de l’évitement par régulation stomatique et MO de l’évitement par abscission foliaire. Ils montrent aussi que la tolérance foliaire ne garantit pas la survie : CS, la plus tolérante, subit la plus forte mortalité en pluvial, tandis qu’EC associe la meilleure survie relative et la croissance la plus rapide. Ψtlp ne suffit donc pas, seul, à sélectionner les espèces de reboisement. Un apport d’eau reste nécessaire à l’installation des plantations, l’irrigation mensuelle par citerne maintenant une mortalité proche de celle du goutte-à goutte. L’étude fournit ainsi une comparaison simultanée de trois espèces dans des conditions identiques et des critères opérationnels pour le reboisement en zone semi-aride marocaine. |
| Examinateur : | HAYBOUT Hajar |
| Président : | ENNAMI Mounia |
| Rapporteur : | METOUGUI Mohamed Louay/BEN GHABRIT Salman |
| En ligne : | http://10.2.0.27/PDF_CDA/uploads/PDF/AZIZ_Youssef_2026_11028.pdf |
Exemplaires (2)
| Code-barres | Cote | Support | Localisation | Section | Disponibilité |
|---|---|---|---|---|---|
| 200042684 | 11028 | Support papier | Salle des thèses/PFE (RDC) | Ingénieur Agronome | Consultation sur place Exclu du prêt |
| 200042685 | 11028 | Support papier | Salle des thèses/PFE (RDC) | Ingénieur Agronome | Consultation sur place Exclu du prêt |


