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Résumé :
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L’intégration de l’aquaculture dans les bassins d’irrigation représente une stratégie innovante de diversification agricole et de valorisation des ressources hydriques dans un contexte de raréfaction croissante des ressources en eau. Cette étude évalue la faisabilité technique, économique et financière de l’introduction de l’aquaculture en cages flottantes dans les bassins d’irrigation de la plaine du Gharb (Sidi Slimane, Sidi Kacem et Mechra Bel Ksiri), région agricole stratégique du Maroc confrontée à une sixième année consécutive de sécheresse. Une enquête de terrain a été réalisée auprès de 31 exploitations agricoles disposant de 53 bassins d’irrigation, dont les volumes s’échelonnent de 160 m³ à 150 000 m³. Une stratification en trois catégories a été opérée : strate 1 (bassins 80 000 m³). Le système retenu repose sur l’élevage de tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) en mode semi-intensif dans des cages flottantes dimensionnées selon la capacité de chaque strate. Les résultats obtenus montrent que la rentabilité économique et la viabilité technique de l’intégration dépendent fortement du volume du bassin et de la capacité de gestion hydrique. L’étude technique confirme la faisabilité technique de l’intégration aquacole, avec des productions atteignant respectivement 1,7 t (S1), 12,7 t (S2) et 28,6 t (S3) par cycle de 7 mois. L’itinéraire technique (mise en charge printanière, récolte automnale) est compatible avec l’irrigation agricole, et la gestion de l’eau repose sur un renouvellement partiel et l’utilisation de zéolithe pour la filtration biologique. Sur le plan économique, bien que la strate 1 présente une VAN négative (-32 595 DH), les strates 2 et 3 démontrent une excellente viabilité. La strate 2 affiche une VAN de 385 388 DH et un TRI de 69 % et la strate 3 présente une VAN de 834 295 DH et un TRI de 83 %. L’analyse de sensibilité a par ailleurs confirmé la stabilité de ces performances face aux fluctuations des paramètres techniques et économiques, confirmant ainsi le potentiel de l’aquaculture intégrée comme levier de diversification et de résilience pour les exploitations agricoles irriguées du Gharb. Ceci, sous réserve d’un ciblage approprié (priorité aux bassins > 20 000 m³) et d’un accompagnement technique et financier adapté.
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