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Résumé :
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Cette thèse propose une analyse approfondie de la myopathie de capture (MC), une pathologie métabolique grave, en évaluant l'impact de la contention physique sur les ruminants sauvages du Jardin Zoologique National de Rabat. L'étude s'est articulée autour de deux axes complémentaires : un volet prospectif et un volet rétrospectif. Le premier volet a consisté en le suivi clinique et biochimique de 23 addax (Addax nasomaculatus), particulièrement vulnérables, lors d'une campagne de capture manuelle. Les paramètres cliniques mesurés incluaient la température rectale, la fréquence cardiaque ainsi que les analyses biochimiques sériques se sont concentrées sur des marqueurs clés de l'atteinte musculaire et rénale comme l’aspartate aminotransférase (ASAT) et l'alanine aminotransférase (ALAT). Le second volet, rétrospectif, a porté sur l'analyse nécropsique et histopathologique de plusieurs cas de mortalité survenus en post-capture chez diverses espèces de gazelles et d'addax, afin d'établir un diagnostic lésionnel précis et confirmer la suspicion de MC. Les résultats révèlent que la capture physique induit un stress aigu et intense, se manifestant cliniquement par une hyperthermie fréquente (observée chez 35 % des individus, avec des pics à 41,7 °C) et une tachycardie marquée. Les analyses biochimiques confirment une rhabdomyolyse sévère, avec des élévations de l'ASAT, associées à un ratio ASAT/ALAT supérieur à 2, profil typique d'une altération d’origine musculaire. Les examens post-mortem corroborent ce tableau en révélant des lésions de nécrose musculaire segmentaire associées à des hémorragies musculaires, des pneumonies et des septicémies généralisées. En conclusion, la capture physique expose les ruminants sauvages à un risque élevé de myopathie de capture (MC), dont les conséquences peuvent être graves. Toutefois, dans certaines situations, cette méthode demeure incontournable, notamment chez les espèces qui tolèrent relativement mieux le stress.
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