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Résumé :
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Dans la zone présaharienne du Sud-Est Marocain, les écosystèmes pastoraux constituent un pilier socio-économique essentiel, mais ils font face à une dégradation croissante sous l’effet du changement climatique et de la pression anthropique. Cette étude vise à identifier et à caractériser le matériel végétal autochtone à potentiel pastoral en confrontant le savoir empirique local aux connaissances scientifiques. L’approche méthodologique repose sur une enquête ethnobotanique menée auprès de 38 personnesressources (éleveurs, transhumants,herboristes) réparties dans huit communes rurales représentatives des différents faciès écologiques de la région. Les données recueillies ont été analysées d’un point de vue floristique, phytogéographique et ethnobotanique, puis comparées à la littérature scientifique selon une approche de « regards croisés ». L’inventaire floristique a permis d’identifier 59 espèces appartenant à 25 familles botaniques, avec une forte dominance des Astéracées (22 %) et des plantes vivaces (72,9 %), révélant une adaptation marquée aux conditions arides. Les résultats montrent une gestion locale des ressources fondée sur la multifonctionnalité : 22 % des espèces présentent une triple valorisation (fourragère, médicinale et mellifère). L’espèce la plus citée, Acacia raddiana (70 %), ainsi que Panicum turgidum et Warionia saharae, apparaît comme un élément clé du patrimoine floristique régional. La confrontation des savoirs a révélé une forte convergence entre la perception locale et les données scientifiques concernant l’usage , la toxicité et les propriétés pharmacologiques des plantes. Cette étude a ainsi permis de hiérarchiser un « capital biologique stratégique » regroupant des espèces pastorales, écologiques et aromatiques. Elle recommande l’intégration de ces espèces dans les programmes d’aménagement pastoral et souligne l’importance de valoriser le savoir-faire local afin d’assurer la durabilité des écosystèmes présahariens.
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