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Résumé :
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Les parcours steppiques présahariens du sud-est marocain, notamment dans les provinces de Zagora et Tinghir, sont dominés par des faciès à Acacia raddiana épars sur chenaux, fortement dégradés sous l’effet combiné de la sécheresse, du surpâturage et de la fragilité des sols. Cette dégradation entraîne une réduction de la phytomasse et une érosion accrue. Cette étude vise à restaurer les chenaux à Acacia raddiana épars via un modèle intégré d’agroforesterie et de GCES, adapté aux zones présahariennes, tout en améliorant la rétention hydrique, la fertilité des sols et la résilience écologique et socio-économique des systèmes pastoraux. La méthodologie adoptée repose sur une approche intégrée combinant plusieurs volets complémentaires. Un inventaire pastoral a d’abord été réalisé afin d’évaluer l’état initial et la productivité des faciès de parcours, complété par une analyse spatiale et biophysique du climat, des sols, de la végétation et de la topographie de la zone d’étude. Parallèlement, des entretiens menés avec les acteurs locaux ont permis d’intégrer les savoirs traditionnels et les pratiques pastorales dans le processus d’analyse, conduisant à l’élaboration d’une typologie des parcours distinguant différentes zones écologiques selon la pente, la texture du sol et la densité du couvert végétal. Cette typologie a servi de base à la définition d’actions d’aménagement adaptées à chaque unité écologique. Enfin, les techniques mécaniques antiérosives, telles que les demi-lunes, tranchées, et seuils filtrants, ont été sélectionnées selon les conditions topographiques locales, tandis que la méthode multicritère AHPSMART a été utilisée spécifiquement pour le choix des espèces végétales les mieux adaptées, notamment Acacia raddiana, Ziziphus lotus, Artemisia herba alba, Atriplex halimus, Calycotome villosa, Retama raetam, Nitratia retusa, Helianthemum, Thymus satureioides, Panicum turgidum, Hyparrhenia hirta, Medicago minima, Reseda lutea, Convolvulus tributianus. L’intégration de la GCES et de l’agroforesterie dans une approche participative et territorialisée constitue ainsi une voie durable pour la réhabilitation et la gestion intégrée des parcours steppiques présahariens du Maroc.
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