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Résumé :
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Face au double défi que représente la rareté de l'eau et du risque d'inondation qui caractérise le bassin versant de Guelmim, la Collecte des Eaux Pluviales (CEP) apparait comme une stratégie de résilience fondamentale. Cependant, la réussite de ces aménagements est conditionnée par une sélection rigoureuse des sites, une démarche souvent entravée par le manque de données de terrain. Ce travail vise ainsi à identifier et cartographier les zones les plus propices à la CEP au sein de ce bassin, en proposant une méthodologie combinant les Systèmes d'Information Géographique (SIG) et l'Analyse Multicritère (AMC), tout en exploitant le potentiel des données en libre accès. Pour ce faire, des données pluviométriques maillées issues de "Climate Research Unit (CRU)" ont été mobilisées. Bien que leur résolution spatiale soit de 50 km, elles présentent l’avantage de ne pas nécessiter de calibration préalable. La méthode du Numéro de Courbe (SCS-CN) a ensuite été employée afin de modéliser le potentiel de ruissellement, en intégrant à la fois l'occupation du sol et les caractéristiques pédologiques. Une analyse multicritère, structurée par le Processus d'Hiérarchie Analytique (AHP), a permis d'agréger ce potentiel de ruissellement avec des paramètres complémentaires tels que la pente, la densité de drainage et la distribution du cheptel, aboutissant à la production d’une carte d'aptitude finale à la CEP. Les résultats révèlent un potentiel de ruissellement annuel variant entre 28 et 190 mm, réparti en cinq classes distinctes. Les catégories « Très faible » (28 - 61 mm) et « Faible » (61 - 93 mm) couvrent respectivement 19 et 32 % du bassin. La classe « Modéré » (93 - 125 mm), majoritaire, s’étend sur 34 % de la superficie. Enfin, les zones à potentiel « élevé » (125-158 mm) et « Très élevé » (158 - 190 mm), représentent respectivement 11 et 4 % du territoire. Concernant l'aptitude globale à la collecte des eaux pluviales, le bassin est dominé par un potentiel « Moyen » (indice 0,16 - 0,27), couvrant 63,38 % de sa superficie. Les zones à potentiel « Bon » (indice 0,27 - 0,49), considérées comme les plus stratégiques pour de futurs aménagements, représentent 10,8 %, tandis que les zones à potentiel « Faible » (indice 0,04 - 0,16) occupent les 25,82 % restants. Cette étude confirme la pertinence de l'approche SIG-AMC, alimentée par des données en libre accès, pour élaborer un outil d'aide à la décision à la fois robuste et scientifiquement fondé. La carte d'aptitude obtenue constitue un support stratégique essentiel pour les planificateurs et les gestionnaires des ressources en eau, en leur permettant d'orienter les investissements et d'optimiser l'emplacement des futurs ouvrages en faveur d’une gestion plus résiliente et durable des ressources hydriques dans la région.
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