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Résumé :
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Le blé (Triticum spp.) constitue une culture stratégique pour la sécurité alimentaire mondiale et nationale. Face aux contraintes abiotiques (sécheresse, chaleur, salinité) et biotiques (maladies fongiques ; rouilles, septoriose), l’amélioration génétique demeure un levier essentiel pour la durabilité de la production. Dans ce cadre, la présente étude a visé l’identification de génotypes performants de blé dur (T. durum) et de blé tendre (T. aestivum) adaptés aux zones favorables de culture au Maroc, en combinant productivité, efficience d’utilisation de l’eau et résistance aux maladies. Les essais ont été conduits à la station expérimentale de Douyet, relevant de l'INRA, durant la campagne 2024–2025 sur 48 lignées de blé dur et 48 de blé tendre, comparées à des témoins représentatifs, selon un dispositif en blocs complets randomisés (2 répétitions pour le blé dur, 3 pour le blé tendre). Le phénotypage a concerné des caractères agromorphologiques, physiologiques et de rendement, complétés par une évaluation sanitaire. Les analyses statistiques ont montré des effets génotype hautement significatifs pour la majorité des caractères, révélant une large variabilité phénotypique. Les rendements ont varié de 23,8 à 62,7 qx/ha pour le blé tendre et de 29,9 à 56,6 qx/ha pour le blé dur. Chez le blé dur, la largeur foliaire a montré la corrélation la plus significative avec le rendement, tandis que chez le blé tendre, un modèle combinant sept variables (indice de récolte, biomasse, hauteur, fertilité, nombre d’épis/m², nombre d’épillets/épi, poids des épis) expliquait la plus grande part de la variance du rendement. Les analyses multivariées ont mis en évidence trois groupes distincts : génotypes productifs, génotypes tolérants à la contrainte hydrique et génotypes à performances intermédiaires. L’évaluation sanitaire a révélé une variabilité notable de la sensibilité aux maladies, avec une susceptibilité plus marquée du blé dur à la rouille brune. Dix lignées prometteuses ont été identifiées : cinq de blé dur (BDG36, BDG12, BDG35, BDG37, BDG38) et cinq de blé tendre (BTG7, BTG20, BTG25, BTG24, BTG37). Elles se distinguent par une bonne efficience hydrique (≈0,96–1,87 kg/m³ pour le blé tendre), une tolérance relative à la sécheresse terminale, des rendements élevés (52,36–61,84 qx/ha), une productivité soutenue, un indice de récolte notable (≈9,4–17,2 % pour le blé tendre) et une résistance modérée aux maladies foliaires. Ces lignées constituent des candidats prometteurs pour la poursuite du programme de sélection et leur validation à travers des essais multi-sites et pluriannuels intégrant des approches de génotypage afin de consolider le progrès génétique et d’assurer la stabilité des performances.
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