|
Résumé :
|
La fève (Vicia faba L.) est une légumineuse alimentaire essentielle, reconnue pour ses avantages agro-environnementaux, nutritionnels et son impact socio-économique. Cependant, la perte de diversité génétique de cette espèce nécessite une restauration de la variabilité pour mieux faire face aux contraintes abiotiques et biotiques, notamment à l'orobanche (Orobanche crenata Forsk.), qui impose une menace significative pour la culture en entraînant des pertes de rendement considérables. Dans ce contexte, une évaluation a été réalisée sur un total de 700 plantes de Vicia faba L. comprenant des mutants (M2) ainsi que des témoins (wild-type) non mutagénisés issus des variétés originales Zina (féverole) et Aguadulce (fève). L’objectif principal de cette étude était d’explorer la variabilité phénotypique au sein de ces populations et d’évaluer la réaction de la population de féverole à Orobanche crenata Forsk. L’analyse a porté sur divers traits morphologiques, agronomiques, phénologiques, physiologiques et histologiques. Les résultats de cette étude ont révélé une large diversité phénotypique chez les mutants de fèves, illustrée par des coefficients de variation dépassant 50 % pour la majorité des caractères agro-morphologiques, comparativement aux témoins non mutagénisés. L'effet de la mutagénèse a également eu un impact notable sur certains aspects phénologiques et certaines composantes du rendement et de la qualité des graines. Des corrélations significatives ont été identifiées, notamment entre plusieurs paramètres de rendement. La classification hiérarchique ainsi que l’analyse en composantes principales ont permis de distinguer trois groupes de génotypes, dont un groupe rassemblant les individus à la fois précoces et productifs, tels que Mf148, Mf229, Mf235, Mf263, Mf266, Mf267, Mf271 et Mf299. L’investigation de la tolérance face à Orobanche crenata Forsk. a été complexifiée par des conditions météorologiques non optimales, limitant l’émergence de la plante parasite dans certains pots. Néanmoins, une variabilité importante dans la teneur en chlorophylle a été constatée chez les mutants par rapport aux témoins, indiquant des réponses variées face à l’infestation et offrant ainsi des perspectives intéressantes pour la sélection de génotypes tolérants. Cette variabilité pourrait être interprétée, d'un point de vue histologique, par la présence ou l'absence de mécanismes de défense mécanique, se manifestant par une augmentation de l'épaisseur des parois racinaires, ce qui confère une résistance face à l'infestation. Ces résultats, bien que préliminaires, fournissent une base prometteuse à approfondir dans de futurs essais pour identifier des individus plus performants et tolérants, qui pourraient être intégrés dans le programme national d'amélioration génétique de la fève.
|