Résumé :
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Les pathologies du système musculosquelettique sont un enjeu majeur chez le cheval et représentent le premier motif de consultation en médecine équine. Ce projet de thèse vise à étudier les pathologies du système musculosquelettique diagnostiquées chez les chevaux présentés à la Clinique Équine de l’IAV Hassan II. Dans cette perspective, une étude rétrospective des consultations orthopédiques a été réalisée à partir d’octobre 2023 jusqu’en mai 2024. L’objectif principal de notre travail de thèse est d’étudier la prévalence des affections locomotrices diagnostiquées par imagerie conventionnelle, puis de rechercher des corrélations avec le sexe, l’âge, la race et la discipline sportive. Les 168 chevaux présentés à la clinique sont répartis en différentes races, sexes et disciplines, dont 89,3 % de course, de saut d’obstacle (CSO) et Tbourida (150/168). La moyenne d’âge de la population d’étude est de 7,7 ans (+/- 4,1 ans) allant de 6 mois jusqu’à 22,5 ans, avec une prédominance des mâles (62,5 % soit 105/168). L’étude de l’ensemble des lésions diagnostiquées a révélé la prédominance d’arthropathies, avec une prévalence de 46,5 % (107/230 lésions), et de fragmentations ostéochondrales, avec 15,6 % (36/230 lésions). Ces lésions affectent plus les membres antérieurs (47,8 %) que les postérieurs et sont fréquentes surtout au niveau des régions très sollicitées à l’exercice, à savoir le boulet (44,7 %), le jarret (25,3 %) et le pied (24 %). Les affections tendinoligamentaires sont minoritaires, représentant 9,6 % de l’ensemble des lésions (22/230). La nature et la localisation des lésions varient significativement selon la discipline sportive. Les chevaux de course ont une prévalence élevée des affections du carpe, en l’occurrence les fragmentations ostéochondrales, avec 44,4 % (4/9 ; p=0,032). En revanche, les chevaux de CSO présentent une prévalence élevée du syndrome podotrochléaire (7/36) et des anomalies thoraco-lombaires (10/25 ; p=0,004) avec respectivement 19,4 % et 40 %, surtout chez les chevaux entre 5 et 10 ans. Les chevaux de Tbourida, quant à eux, sont plus atteints de l’arthrose de l’articulation interphalangienne distale (AIPD) et de la fourbure, avec une prévalence similaire de 11,1 % (4/36 ; p=0,022), surtout chez les chevaux entre 5 et 10 ans. Les fragmentations ostéochondrales du boulet sont significativement diagnostiquées chez les mâles (16/18 ; p=0,029), alors que les femelles sont plus affectées par l’arthrose de 3 l’articulation interphalangienne proximale (AIPP) (6/9) ; p=0,019) et fémoro-tibiale médiale (FTM) (4/7 ; p=0,020). Ces résultats permettent d’identifier les pathologies locomotrices majeures à la clinique équine et constituent une base pour des recherches ultérieures en matière de conduite thérapeutique et de développement de la thérapie biologique, de la thérapie génique et de la médecine alternative comme l’acupuncture, la kinésithérapie ou la phytothérapie.
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