Résumé :
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Après avoir atteint un pic de 3800 hectares pour la campagne 2022-2023, la culture de fraises a vu sa superficie diminuer d'environ un tiers pour la campagne 2023-2024. Compte tenu de son importance économique et sociale, le présent travail cherche à fournir une compréhension globale des enjeux auxquels les producteurs de fraises sont confrontés, en offrant des pistes pour améliorer la résilience et la durabilité de cette culture. Pour atteindre cet objectif, une enquête a été menée auprès de 36 producteurs de fraises afin d’identifier les pratiques culturales adoptées, d'analyser les évolutions des paramètres climatiques (température, pluviométrie, humidité relative et vitesse du vent), de recueillir les perceptions des agriculteurs sur les défis climatiques, et d'évaluer la rentabilité de la culture de fraises pour comprendre ses implications économiques. Les données recueillies révèlent des différences notables dans les pratiques culturales, influencées par divers facteurs contextuels, réglementaires et budgétaires. Pourtant, indépendamment des pratiques techniques, une diminution significative des rendements moyens entre la campagne 2022-2023, avec une moyenne de 31,8 tonnes/ha, et 2023-2024, avec une moyenne de 47,7 tonnes/ha, a été enregistrée pour la quasi-totalité des agriculteurs enquêtés. L’analyse des paramètres climatiques pour l'année 2023 révèle un dérèglement notable, avec une augmentation significative des températures moyennes atteignant 20,5°C, une hausse des vitesses de vent et une augmentation de la fréquence des tempêtes. Les précipitations ont diminué de manière continue, atteignant un minimum alarmant d'environ 200 mm en 2023. L’exploration de la rentabilité de la culture montre qu'en 2023, les exploitations ont affronté une année particulièrement difficile, marquée par une baisse des rendements et une chute des prix de vente. Le prix moyen d'exportation en frais a chuté à 15 MAD/kg, tandis que le prix d’exportation en surgelé a chuté à 3 MAD/kg. Cette situation a conduit à une marge nette moyenne de -72 072 MAD/ha pour la campagne 2022-2023, reflétant des pertes généralisées. En conséquence, presque toutes les exploitations enquêtées ont enregistré des bilans négatifs pour cette période. Les agriculteurs estiment que ces événements climatiques extrêmes ont entraîné une diminution de la production, une altération de la qualité des fruits et une augmentation des coûts de production. L'effet combiné de ces facteurs climatiques en amont de la production et de la baisse des prix de vente lors de la commercialisation a sévèrement pénalisé le revenu des agriculteurs, justifiant ainsi leur retrait de la production, ce qui s'est traduit par une réduction de la superficie plantée en fraises.
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