|
Résumé :
|
La présente étude vise à analyser les facteurs déterminant les performances technico-économiques de l’élevage dans les oasis de montagne au Maroc. De ce fait, le travail dédié à l’élevage et les paramètres démographiques des troupeaux ont été caractérisés, dans un échantillon de 35 exploitations agricoles localisées au niveau des communes territoriales M’semrir et Tilmi, représentatives de la diversité des situations rencontrées (élevages transhumants - au nombre de 7 -, ou sédentaires - 28 exploitations). Dans une première partie, les principes de la méthode « Bilan Travail » ont été mobilisés pour quantifier, sur une campagne agricole, les volumes de travail en lien à l’élevage. Les résultats ont montré que l’essentiel du travail d’astreinte (97,8 %) est réalisé par de la main-d’œuvre familiale, soit 270,4 heures par personne et par an. Le temps dédié à ce travail est de 264 heures par UGB et par an. De plus, 7,9 équivalents jours par an sont consacrés en moyenne aux travaux saisonniers de l’élevage (tonte des troupeaux, vente des animaux, etc.), soit 1,6 jour par personne et par an. De ces chiffres, il apparaît que dans les troupeaux sédentaires, une moyenne de 98,5 jours par an est consacrée au travail total, tandis que dans les troupeaux transhumants, cette moyenne atteint 436,5 jours par an. Ces valeurs varient en fonction de la structure de l’exploitation (SAU et UGB), des décisions prises par l’exploitant, de la nature de la main d’œuvre et de sa qualification. L’autonomie fourragère enregistrée est en moyenne de 47 %, et elle est déterminée par la SAU et la taille du cheptel (UGB). Un autre objectif de l’étude était de reconstituer les paramètres démographiques des petits ruminants. La méthode utilisée a été celle dite « 12 MO ». Ces paramètres montrent une différence significative entre le groupe des élevages transhumants et celui des sédentaires. Dans l’ensemble des 35 exploitations, les taux de mise-bas (39,6 et 59,3 % chez les caprins et ovins) et d’avortement (1 et 3 % chez les caprins et ovins), et de mortalité (14,2 et 8,3 % respectivement chez les caprins et ovins transhumants, et 0 et 9 % chez les caprins et ovins sédentaires), reflètent l’existence de facteurs qui freinent le développement de cette activité. La gestion de la reproduction se trouve contrainte par une diversité de limites, notamment la sécheresse, les insuffisances alimentaires, l’éloignement des animaux par rapport aux éleveurs. En termes de revenus, l’élevage rapporte en moyenne 1 545 DH par Unité Gros Bétail (UGB). Une journée de travail en élevage est rémunérée en moyenne à 48 DH : 56 DH/j chez les éleveurs sédentaires et 15,9 DH/j chez les transhumants. Ces données révèlent une situation vulnérable, exacerbée par le changement climatique. L’usage de ressources limitées compromet la capacité de l'élevage à maintenir sa résilience dans ces régions.
|