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Résumé :
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Bien que les légumineuses alimentaires aient de multiples avantages, elles n'occupent actuellement qu'une place assez modeste à l'échelle mondiale. Les superficies allouées à ces cultures, concentrées dans des zones d'agriculture pluviale, ne représentent que le dixième de celles consacrées aux céréales (Akibode et Maredia, 2011). Parmi les causes de cette régression des superficies, la question de rentabilité reste la plus préoccupante. Pour mieux comprendre à quel niveau se pose le problème, on a procédé à un travail d’enquête auprès des grands agriculteurs de quatre zones de la région de Zaer, à savoir Merchouch, Jemaa Moullablad, Ain Sbit et Brachoua. L’enquête repose sur trois grands axes qui sont la présentation de l’exploitation et de l’exploitant, la conduite technique de la parcelle de lentille et l’étude économique de cette légumineuse alimentaire. L’objectif de notre étude étant de décrire et d’analyser les pratiques culturales des agriculteurs ainsi que les coûts de production de la lentille dans la région de Zaer, détecter les contraintes de cette filière et proposer des recommandations adéquates et réalisables. Il ressort de cette étude que pour la majorité des agriculteurs, les travaux du sol sont entièrement mécanisés. Un seul agriculteur adopte le semis direct. Aussi, certains agriculteurs n’apportent pas d’engrais de fond pour la lentille considérant que les légumineuses fixent biologiquement l’azote. Concernant le semis, il faut noter que les semences sélectionnées sont les plus productives. Celles qui sont stockées ou achetées du Souk engendrent une baisse au niveau du rendement car la productivité de la semence diminue au fil des années. La variété Bekria à floraison précoce, à teneur en protéines moyenne et résistante à la rouille est pour l’instant celle qui est conseillée aux agriculteurs (INRA). Du fait de la cherté de la main d’œuvre, le désherbage est l’opération culturale qui est la plus chère et qui pèse au niveau de la totalité des charges de production (28%). Les lentilles restent peu rentables par rapport à d’autres cultures, notamment les céréales. La marge brute calculée de la lentille est de l’ordre de 3400 dh/ha contre 5000 dh/ ha pour les céréales. Par conséquent, la rentabilité, en plus des autres facteurs notamment de politique publique, les importations, la valorisation du produit, l’organisation des différents maillons de la filière, les aléas climatiques…font que les légumineuses pour la plupart des agriculteurs sont substituées par d’autres cultures ou la jachère.
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