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Résumé :
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Le syndrome respiratoire du moyen orient est une maladie respiratoire aigue, causé par un coronavirus (MERS-CoV) et identifié en septembre 2012. Le dromadaire est impliqué dans la transmission de ce virus à l’être humain. La présente étude sérologique et virologique a pour objectif de comprendre le rôle du dromadaire dans la dynamique de transmission du MERSCoV (Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus) en dehors de la péninsule arabique. Elle constitue la deuxième phase d’un projet international, MERS-CoV. Elle s’est déroulée en trois périodes du janvier à avril 2016dans trois régions du Sud du Maroc : Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab. Des prélèvements sanguins, du lait et urinaires ; ainsi que des écouvillonnages nasaux chez 1207 individus provenant de 12 troupeaux et de trois abattoirs, ont été réalisés. La recherche du MERS-CoV a été réalisée selon deux techniques de RT-PCR : une première technique de screening permet la détection des séquences en amont de gêne E (UpE), la seconde « de confirmation » cible le gène ORF1a. Pour les tests sérologiques, deux tests de séroneutralisation ont été réalisés sur 286 prélèvements sanguins (25 % du total des échantillons), choisis par un échantillonnage aléatoire stratifié : un test de neutralisation de pseudo-particule virale et une microneutralisation pour la confirmation. Sur un nombre total de 1188 écouvillons nasaux, 78 se sont révélés positifs (6,5%) par le test de la RT-PCR. Deux échantillons urinaires ont également été positifs. En revanche, aucun prélèvement du lait n’a été positif. Concernant la sérologie, nos résultats ont révélé une séroprévalence globale de l’ordre de 76,4 %. Les prévalences sérologiques et virologiques variaient en fonction de la saison et de l’âge des dromadaires. En effet, le début du printemps semble être la période à haut risque de transmission. De surcroît, le jeune âge est apparemment un facteur de risque très favorisant l’infection des animaux. Il ressort de la présente étude que l’infection du MERS est fortement endémique chez le dromadaire au Sud du Maroc. La transmission du virus à l’Homme n’est pas encore prouvée, mais elle demeure possible.
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