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Résumé :
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Le présent travail de recherche constitue une contribution à l’étude de deux syndromes, nerveux et urinaire, appelés respectivement par la population locale « Taghara » et « Bbila » et sévissant chez les ovins dans la zone d’Ait Ichou, cercle d’Oulmès. L’étude a été réalisée à la fois sur des animaux malades, suivis sur le terrain, ainsi que sur d’autres mis en observation au laboratoire et a concerné trois aspects : l’aspect clinique basé sur l’observation des animaux malades et leur examen clinique, l’aspect physiopathologique en utilisant différentes investigations pour les deux syndromes, et enfin le volet thérapeutique basé sur l’apport de la vitamine B1 et le jus de rumen pour ce qui est du syndrome nerveux. L’étude du syndrome urinaire a porté sur 2 brebis parmi 6 mises en observation au laboratoire, ainsi que sur l’ensemble des animaux malades suivis dans les élevages. De point de vue clinique, les animaux malades ont présenté une souillure de l’arrière-train par les urines, avec un syndrome polyuro-polydipsique. En effet, ils ont des volumes de prise d’eau et celui urinaire très augmentés avec une densité urinaire très basse (1,002-1,012), indiquant un faible pouvoir de concentration des urines. L’examen échographique de l’appareil urinaire a permis de mettre en évidence une distension vésicale nette, avec l’existence de calculs intra-vésicaux. L’examen nécropsique des brebis en stade avancé de la maladie a permis de constater une pyélonéphrite suite à des infections par voie ascendante. Le test de privation hydrique de 24h a permis la réduction de la diurèse et l’augmentation de la densité urinaire chez une brebis alors qu’une faible réduction de la diurèse chez une deuxième. Le test à l’ADH a permis la réduction de la diurèse et l’augmentation de la densité urinaire pour les deux brebis à la fois. Ces résultats prouvent que le syndrome polyuro-polydipsique, objet de notre étude, est en faveur, de point de vue étiologique, d’une polydipsie primaire compensée par une polyurie secondairement pour la première brebis et d’un diabète insipide central pour la deuxième brebis. L’étude du syndrome nerveux a porté sur 5 brebis mises en observation au laboratoire et sur 99 sujets suivis sur le terrain et présentant ledit syndrome. L’examen clinique des animaux ayant présenté des crises épileptiformes n’a révélé aucune anomalie physique, ni fonctionnelle mais le tableau clinique lors de ces crises est similaire à celui de la carence en thiamine. Cette hypothèse a été retenue suite à l’amélioration de la quasitotalité des animaux atteints de ce syndrome après l’apport exogène de la thiamine, associée ou non au liquide ruminal provenant d’animaux sains, afin de rétablir l’activité ruminale. Ainsi, avec ces mesures, les résultats sont meilleurs surtout si l’intervention est précoce.
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